Trilogie III
La Source
Qu’est-ce que la conscience crée ?
Son propre berceau.
~145 000 mots
Trilogie III
Qu’est-ce que la conscience crée ?
Son propre berceau.
~145 000 mots
Elle a construit les fondations de la Source. Personne ne sait combien de cycles elle a traversés. Quand le goulot s’ouvre, c’est elle qui choisit de passer.
Nœud par nœud, avec des mains qui tremblent. La Source se fissure et il est le seul à tenir les fils ensemble.
Quand toutes les empreintes acceptent de se fondre, l’Écho dit non. Il veut rester distinct — même si ça déchire le tissu.
Elle maintient le voile qui impose l’oubli. Sans elle, les consciences naîtraient en sachant tout — et ne chercheraient jamais rien.
Personne ne sait ce qu’il est. Mais quand l’Architecte traverse le goulot, il vibre. Et la dernière ligne est toujours la même.
« Le Fil tremble. »

Une main chaude. Un dernier souffle. Puis le poids change. Pas de tunnel. Pas de lumière blanche. Juste un lieu sans corps, sans temps, où des empreintes flottent dans des strates. La plus ancienne a oublié qu’elle est une pierre — jusqu’au jour où quelque chose tremble dans les fondations. Et la pierre se souvient qu’elle a des bords.

La fissure apparut un mardi. Personne ne la vit. La boulangère la sentit. Le professeur la sentit. La petite fille de cinq ans dessina une spirale dans le sable. « C’est quoi ? » — « C’est dedans. » De l’autre côté du voile, quelqu’un recoud ce qui se défait — nœud par nœud, avec des mains qui tremblent. Et ce qu’elles retiennent a commencé à vouloir sortir.

Un passage s’ouvre. Le traverser, c’est tout oublier — chaque souvenir, chaque nom, chaque vie. De l’autre côté, une femme pose la main sur son ventre. Le bébé ne donne pas de coups. Il roule. Lentement. Comme quelqu’un qui se prépare à entrer dans un monde qu’il a déjà connu et qu’il a oublié. La dernière question n’est pas où va-t-on. C’est pourquoi revient-on sans se souvenir d’être parti ?
Pour les lecteurs d’Alain Damasio, Ted Chiang et Ursula K. Le Guin.