Trilogie II
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Comment la conscience reste-t-elle libre ?
Par l’oubli.
~164 000 mots
Trilogie II
Comment la conscience reste-t-elle libre ?
Par l’oubli.
~164 000 mots
Touchez votre philtrum.
Ce petit creux entre le nez et la lèvre supérieure. Vous le sentez ? Dans six traditions différentes — judaïsme, Grèce, hindouisme, islam, bouddhisme tibétain — c’est la marque de l’oubli originel. Un ange vous a touché avant votre naissance pour vous faire oublier tout ce que vous saviez. Ce n’est pas une cicatrice. C’est une porte. Et derrière cette porte — sept secondes de silence entre chaque souvenir. Sept secondes où tout pourrait revenir.
« Si tu savais tout, aurais-tu cherché ? »
— Tamar, Le Seuil

Une neuroscientifique qui a perdu sa fille. Un infirmier qui sent les gens mourir. Une fréquence qui ne devrait pas exister dans un cerveau mort. Quand leurs chemins se croisent au CERN, le signal change. Ce que Kaya ramène de l’autre côté tient en cinq mots. Cinq mots qui vont tout changer.

Une cuve en acier dans un sous-sol du CERN. Quelqu’un a dit en la voyant : « Ce n’est pas un cercueil — c’est un berceau. » Un physicien qui ne dort plus. Une neuroscientifique qui n’ose pas poser la question. Les 47 harmoniques convergent. Le seuil approche. Et une voix ancienne demande : si tu savais tout, aurais-tu cherché ?

Trois heures du matin. Un nom perce le sommeil comme un poing à travers une vitre. Le souvenir est là — derrière une paroi de verre. On voit la forme. On sent le poids. On ne touche pas. Quelque chose remonte à la surface. Et au bout, il ne restera qu’un geste — le doigt sur la fossette au-dessus de la lèvre. Le geste que tu fais, toi aussi. Sans savoir pourquoi.
Pour les lecteurs d’Alain Damasio, Ted Chiang et Ursula K. Le Guin.